La vente de paniers des AMAP se multiplie depuis la crise sanitaire. © Guillaume Flambeau Von Uslar

Malgré les conditions actuelles, les AMAP sont toujours actives. Les commandes ont même doublé en quelques semaines. Cependant les responsables de ces structures ont dû mettre en place de nouvelles mesures de sécurité et trouver de nouveaux lieux de réception pour venir récupérer les paniers. 

Depuis le début du confinement, les Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) ont dû revoir en parti leur organisation. En temps normal, les agriculteurs disposent leurs produits dans des cagettes et les adhérents (les amapiens) viennent se servir en fonction du panier proposé de la semaine. C’est désormais impossible : « Depuis un mois, c’est la ferme qui nous prépare les paniers en amont. Ensuite, nous les distribuons directement à chaque personne en respectant les mesures de sécurité : gants, masques, et un mètre de distance », explique Colette Langrand, référente de l’AMAP de Mittelbergheim en Alsace. Pour limiter au maximum les contacts, certaines AMAP ont décidé de distribuer leurs paniers tous les quinze jours, au lieu d’une à deux fois par semaine. 

Néanmoins quelques structures ont été obligé de trouver un nouveau lieu de réception pour la collecte. « Nous avons demandé une autorisation à la mairie de Strasbourg pour distribuer les paniers sur la voie publique, car le centre culturel, où nous faisons normalement notre collecte, est actuellement fermé », détaille Anaïs Dargent, coordinatrice d’AMAP monde à Strasbourg. Des amapiens ont même proposé leurs services en accueillant les points collectes directement chez eux : « Avant l’arrivée du Covid-19 nous les organisons dans une salle municipale, mais aujourd’hui nous le faisons dans le jardin de la responsable de notre AMAP », stipule Jean-Philippe Brothier, responsable de l’AMAP d’ici à La Rochelle en Charente-Maritime. Avec les différentes mesures de sécurité mises en place, ces associations ont également dû faire face à l’afflux de nouveaux adhérents. 

Prise de conscience

Le principe de ces associations repose sur des engagements de six mois par bi-saison : printemps-été et automne-hiver. Mais la crise sanitaire réveille certaines aspirations chez les consommateurs. Ils se dirigent davantage vers un mode de consommation local et responsable, plutôt que vers des produits importés des grandes enseignes agro-alimentaires. « Nous avons comparé nos chiffres avec ceux de la saison précédente, nous étions avec quatorze grands paniers et huit petits. Aujourd’hui, nous sommes à vingt et neuf cagettes respectives », détaille Colette Langrand. 

Mais face au nombre important de demandes, des AMAP souhaitaient augmenter la durée de distribution : « Nous voulions rallonger le temps de collecte et faire venir les personnes par ordre alphabétique, mais ça n’a pas été possible. Donc finalement nous sommes revenus à une heure », se désole Guillaume Croiset, président de l’AMAP « Les saveurs de Kienheim » à Pfettisheim dans le Grand Est. 

Les capacités d’accueil des AMAP sont restreintes. Elles ne peuvent pas recevoir autant de personnes qu’elles souhaitent dans leurs organismes, par contrainte de stock disponible. « Malgré les mesures liées au coronavirus, je suis assez étonné d’avoir autant de demandes depuis le début de la saison du mois d’avril, explique Guillaume Croiset. Malheureusement nous en avons trop. Sur deux lieux de distribution, nous tournons actuellement autour des 100 paniers par semaine. Nous avons été obligés de refuser des inscriptions, néanmoins ces personnes sont sur liste d’attente. »

Ce refus s’explique aussi par le manque de main d’œuvre saisonnière pour la récolte actuelle. Certains producteurs se retrouvent avec le double des commandes habituelles, mais par solidarité, quelques amapiens viennent bénévolement les aider sur leurs exploitations. « Le principe de l’AMAP est de participer au moins une fois par an sur une exploitation agricole. Avec les conditions actuelles, plusieurs volontaires de notre association viennent de temps en temps donner un coup de main à nos maraîchers », conclut Guillaume Croiset.

Les producteurs et les adhérents se réjouissent que les consommateurs s’orientent de plus en plus vers ce mode de consommation. Mais cette prise de conscience doit également être considérée par les départements et les mairies. Les responsables des AMAP souhaitent que les préfets et les maires développent un peu plus ce système de points de collectes fermiers. « Nous sommes assez contents que ce déclic se passe avant le second tour des municipales, car nous pensons que ça peut influer sur le programme des futurs maires, espère Jean-Philippe Brothier. En Charente-Maritime, nous avons plus une production céréalière que maraîchère, mais c’est un devoir des maires de favoriser les circuits courts et les boutiques de producteurs. »

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