Avec le confinement, les utilisateurs se ruent sur la plateformes digitales. Monoar Rahman

Si l’utilisation d’Internet augmente pendant la période de confinement, elle est inégalement répartie.  Les services de streaming vidéo et les visio-conférences pour le télétravail sont les plus actifs mais la toile n’est pas en danger pour autant.

Avec le confinement, les utilisateurs se ruent sur la plateformes digitales. Monoar Rahman

Certains sites de streaming vidéo comme YouTube, Facebook, Amazon Prime Vidéo, Canal +, Netflix ou bien des sites pornographiques comme Pornhub ont réduit la qualité technique de de leurs vidéos, à la demande du gouvernement français. L’objectif est d’éviter une saturation de la bande passante. C’est une mesure de précaution. Le service de visio-conférence Microsoft Teams, a multiplié par sept son nombre d’utilisateurs en France. La plateforme de jeux vidéo Steam, a enregistré 22 millions d’utilisateurs en simultané dans le monde. Selon The Global Internet Phenomena Report, 60% de la circulation de données vient du streaming vidéo. 

Pour le comprendre il faut savoir, au moins de façon sommaire, comment fonctionne Internet. Il n’est pas centralisé. Ce sont plusieurs réseaux connectés entre eux : les serveurs vers les opérateurs, les opérateurs (fournisseurs d’accès) vers les utilisateurs. Les liaisons opérateurs-utilisateurs sont plus nombreuses mais plus faibles que les liaisons serveurs-opérateurs. 

Des problèmes chez certains utilisateurs

Un conseiller du service client de l’opérateur SFR explique : « Depuis le début de cette période de crise mondiale, certains clients se sont plaints de congestion d’Internet. Cela peut arriver chez certaines personnes et dépend de leur contrat, notamment s’ils ont la fibre. Par exemple, pour un foyer qui a la chance de l’avoir, l’utilisation peut être d’environ 60 à 110 Mégabits par seconde sur les 200 disponibles, donc il n’y a pas de problème. » 

Mais les ennuis peuvent venir d’ailleurs comme témoigne Pierre Bonis, directeur général de l’AFNIC (Association française pour le nommage Internet en coopération) : « Notre association a pour mission de gérer les domaines Internet nationaux de premier niveau en France. Elle enregistre le nom des sites nouvellement créés » (ceux qui finissent par « .fr » pour la France métropolitaine, mais aussi « .re » pour la Réunion, « .yt » pour Mayotte, etc…). Elle compte environ 80 salariés. Il précise: « Il est vrai qu’il y a une expérience dégradée pour certains utilisateurs en ce moment. Ce n’est pas forcément lié à leur réseau mais aussi aux sites qu’ils visitent qui sont eux, saturés. Ils ne sont pas tous conçus pour un grand nombre d’utilisateurs. C’est ce principe qui est utilisé lors d’attaques dites DDoS » (elles saturent la bande passante du serveur d’un site pour le rendre injoignable). C’est ce qu’on appelle le déni de services en jargon informatique.

Rien d’inquiétant ou d’inhabituel 

Pour le responsable de l’AFNIC, il n’y a rien d’illogique aux surcharges d’un sitev : « Ça arrive régulièrement pendant des évènements comme les Jeux Olympiques par exemple. Le site du ministère de l’Intérieur était lent, au moment de lancement de l’attestation de déplacement dérogatoire. Si au même moment vous étiez sur le site des horaires du train, vous n’auriez eu aucun problème de connexion. »

Pierre Bonis poursuit : « Certains services peuvent souffrir, pas Internet. Il n’y a pas de risque qu’il casse. » De plus, certaines utilisations diminuent ou sont remplacées par d’autres : « Concernant le télétravail, il n’y a pas que des nouvelles utilisations d’Internet mais un transfert : au lieu d’utiliser le réseau des entreprises, c’est celui des salariés qui le remplace. » conclut-il. 

L’occasion de (re)prendre quelques bonnes habitudes

Le fait que l’outil que nous utilisons tous les jours n’est pas en danger, ne doit pas nous faire oublier certaines pratiques. Elles peuvent également être utiles en temps normal : « Nous avons publié un communiqué de presse (Les 10 gestes barrières numériques pour garder un Internet performant pendant la crise) sur lequel on invite les gens à réfléchir à leur utilisation du réseau, indique Pierre Bonis. Par exemple : limiter la qualité vidéo sur un site de streaming ou bien ne pas activer la caméra sur les visioconférences lorsque c’est inutile. Il faut essayer de favoriser une connexion Internet fixe à la 4G afin de ne pas surconsommer et boucher la bande passante. Nous recommandons de paramétrer l’affichage des mails en texte brut pour ne pas risquer de cliquer sur une URL malveillante. Ce sont des mesures que l’on doit prendre aussi en temps normal car il y a un impact sur le bilan carbone. Le but n’étant pas de se priver mais de réfléchir à l’utilisation que l’on en fait. Cela ne peut être que bénéfique, à la fois pour l’environnement, la fluidité des réseaux et la limitation des investissements dans ces liaisons, qui sont toujours plus importants. C’est du bon sens. »

N’en déplaise aux Cassandres, selon les spécialistes, il n’y aurait pas de risque majeur pour la casse d’Internet.

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Etudiant en fin de deuxième année à l'ISCPA Paris. Passioné par le football, grand intérêt pour l'histoire et la géographie.

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