Depuis le début de la crise sanitaire, plusieurs drives fermiers ont été créés un peu partout en France. Revenir à l’essentiel en consommant local est devenu une habitude depuis quelques semaines, mais également une découverte pour certains. 

Depuis la crise du Covid-19, les Français consomment d’avantage les produits de producteurs locaux. Frédéric Bisson

« Consommer malin », c’est l’une des devises des grands supermarchés. Mais en réalité, les consommateurs sont-ils gagnants sur la qualité des produits ? Depuis quelques semaines, une partie des Français se dirigent de plus en plus vers des boutiques de producteurs. À titre d’exemple, le Périgord en compte actuellement vingt-six. Avec l’arrivée du coronavirus sur le territoire français, le Conseil départemental de la Dordogne a décidé de mettre en place deux drives fermiers. « Tout s’est accéléré avec la crise sanitaire, explique Yohan Sees, responsable du service de l’agriculture au Conseil départemental de la Dordogne. En l’espace d’une semaine, nous avons décidé de créer un e-commerce avec deux boutiques de producteurs, une à Port-de-Couze et l’autre à Sarlat-la-Canéda. » L’idée est de proposer en ligne tous les produits disponibles en boutique. Le consommateur viendra directement retirer sa commande en magasin. En ce moment, les producteurs réfléchissent à mettre en place des livraisons à domicile. D’ici là, les clients pourront passer leurs premières commandes sur leur site dès la semaine prochaine. 

Mais ce système de vente n’est pas nouveau. En 2010, le Conseil départemental de la Dordogne a mis en place un programme de soutien financier, intitulé « Circuit court et vente directe ». « Le fait d’avoir travaillé en amont sur ce projet, ça nous a permis de mettre en place le drive fermier que nous sommes en train de construire », détaille Yohan Sees. Pour l’aménagement du site, la start-up Bergeracoise, Altis média, se charge de créer ce réseau e-commerce fermier. 

En ce qui concerne le financement de ce projet, les deux boutiques de producteurs ont chacune reçu une aide de 3 000€. Un tiers est pris en charge par le Conseil départemental et l’autre tiers par leur partenaire, le Crédit Agricole. Mais si certains agriculteurs se tournent vers leur département ou des aides extérieures pour construire leur plateforme de vente en ligne, certains éleveurs et maraîchers préfèrent rester dans un système d’autogestion. 

Une vente directe à la ferme 

Plusieurs producteurs ont également appliqué le même procédé de vente en ligne dans leur département, cependant, ils ont décidé d’opérer différemment. Le drive « Au Gaec des trois C », dans le département du Lot, fonctionne en totale autonomie. Il propose ce service deux fois par semaine dans leur exploitation familiale. « Nous avons changé notre formule de vente. Avant les événements du Covid-19, nous faisions de la vente directe dans notre ferme depuis une dizaine d’années, détaille Christophe Sahuc, producteur de fruits du domaine de Lacoste à Castelnau Montratier. Mais depuis trois semaines, nous avons installé un drive où les personnes peuvent passer leur commande sur notre site internet, par mail ou par texto. » Ce système de vente est un gain de temps et de travail considérable pour les producteurs. Cela leur permet également de préparer les commandes en fonction des stocks disponibles, ainsi, ils évitent de se retrouver avec trop de pertes. 

Depuis la crise sanitaire, les consommateurs se dirigent de plus en plus vers des commerces de proximité. « Nous avons doublé nos commandes, affirme Christophe Sahuc. Aujourd’hui, nous enregistrons 50 commandes deux fois par semaine, en fonction de nos réserves. » Avec le confinement, ces nouveaux clients découvrent une nouvelle façon de consommer et apprennent enfin à cuisiner avec des produits locaux et frais. « Les magasins de producteurs ont leurs ventes en hausse depuis le démarrage de la crise, ajoute Yohan Sees. Les consommateurs re-rentrent dans le cadre de la relocalisation locale. » Cependant, les producteurs n’ont pas l’intention d’augmenter leurs prix : « Même si nous avons beaucoup de demandes, nos produits restent aux mêmes tarifs qu’il y a un mois. Nous n’allons pas profiter de la situation comme le font certaines enseignes de distribution », conclut Christophe Sahuc. Dans certains supermarchés, le prix des fruits et des légumes a en partie augmenté, du fait que l’importation de ces denrées est ralentie à cause du confinement actuel.

Depuis l’apparition des chaînes de productions agro-alimentaires, la population s’est trop dirigée vers la facilité et non vers la qualité. Les drives sont une solution efficace de faire ses courses durant cette période de confinement, mais les producteurs espèrent que les consommateurs se dirigeront encore vers leurs produits après la crise sanitaire. 

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Apprenti journaliste en quête de l'inconnu. Toujours à la recherche de sujets atypiques qui font bouger notre société.

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