Chien en refuge © Pacific Air Forces

Le travail de nombreuses associations est paralysé à cause des mesures sanitaires. Les refuges pour animaux sont proches de la saturation car les adoptions sont interdites. Une lettre ouverte, signée par de nombreuses personnalités, a été adressée au Président de la République et aux ministres concernés.

Éviter une euthanasie massive, c’est le mot d’ordre des associations et personnalités regroupées dans cette lettre ouverte. Un responsable de l’association Ethics For Animals affirme : « On a reçu un cri d’alerte de l’ensemble des refuges et des associations de protection animale. Tous craignent une vague massive d’euthanasie. C’est une histoire de vase communicant : les fourrières ont un délai légal de 8 jours pour placer les animaux, sinon ils doivent les euthanasier. Comme les refuges ne font plus d’adoptions, ils sont pleins. Les fourrières vont donc devoir euthanasier massivement une fois le délai légal écoulé. » Il nuance cependant : « C’est assez inégal sur tout le territoire, certains refuges ont encore des places. Mais ce ne sera plus le cas d’ici quelques jours. »

Parmi les signataires de la lettre ouverte, Alex Goude, l’animateur de La maison lumni sur France 4 explique son engagement : « C’était important pour moi parce que j’ai eu des animaux toute ma vie. Je les ai toujours considérés comme des membres de nos familles, des êtres vivants qui nous apportent beaucoup de bonheur mais aussi beaucoup de responsabilités. Pendant cette crise unique, où les pertes humaines sont insupportables, des tas d’animaux souffrent d’abandon ou de la perte de leur maître. Il ne faut pas les oublier. Ou cautionner. »

Les refuges à bout de souffle

Le constat est similaire pour Christine His, directrice générale de l’Arche des Associations, une fédération regroupant 42 associations de protection animale : « Tout acte d’adoption liée au confinement est proscrit. Dès lors qu’il n’y a plus de sorties, il y aura un moment donné où nous arriverons à saturation. C’est le cas pour bon nombre de petits refuges et petites associations, car il n’y a pas que la SPA. Il y a plus de 1500 petits refuges et associations, et nombreux sont ceux qui atteignent déjà un taux de remplissage de 100%. J’ai l’exemple d’un refuge qui est obligé de surpeupler ces espaces. Normalement il faut 2m² pour un chat et 5m² pour un chien, aujourd’hui nous n’en sommes plus là. Il faut remplir ! Certaines grosses fourrières vont prolonger les délais au-delà de 8 jours ouvrables. Pour éviter au maximum les euthanasies massives quitte à outrepasser les directives officielles. » Mais les euthanasies groupées ont d’ores et déjà commencé : « Je connais un refuge qui  a récemment refusé des 30 chats faute de place. Ils ont donc été euthanasiés. »

Le problème ne s’arrête pas là, il est également économique pour les petites structures : « Ce sont toutes des associations à but non-lucratives. Lorsqu’on adopte un animal, on paye la stérilisation ainsi qu’une partie du nourrissage. S’il n’y a pas d’adoption, les frais s’accumulent et l’équilibre budgétaire n’est plus respecté. Déjà que pas mal d’associations sont en état de survie, si le confinement se prolonge indéfiniment, elles seront obligées d’arrêter toute activité. »

Chiots © Flickr

Un cruel manque d’unité nationale

Des officiels commencent à se saisir du problème. Il faut noter que la pétition lancée en ligne a déjà reçu plus de 80 000 signatures. Christine His explique : « Je me suis entretenue ce matin avec Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes et président du groupe sur la condition animale à l’Assemblée nationale. Le gouvernement est focalisé sur la question sanitaire au niveau de l’humain. Le bien-être animal n’est clairement pas une priorité, ce que je peux comprendre au vu de la crise actuelle. Mais c’est un problème qu’on ne fait que repousser et qui risque d’être encore plus criant dans quelques jours. »

La directrice générale de l’Arche des Associations ajoute : « Le député nous a indiqué que si nous voulions que le bien-être animal devienne une priorité il faudrait une unité nationale. Et c’est ce que nous, petites associations, regrettons aujourd’hui ! On cherche à faire front commun, mais on s’aperçoit que certaines grosses associations gardent toujours leur espèce d’indépendance et ne s’allient pas à nos causes. Certaines comme la SPA, ont été sollicitées pour s’allier à la pétition et à la lettre ouverte mais n’ont pas daigné répondre. Aux yeux des pouvoirs publics nous avançons en force dispersée, et c’est réellement dommage car la protection animale est une cause commune. »

Les pouvoirs publics pourraient s’inspirer de ce qui a été fait en Belgique, où une dérogation pour les refuges a été mise en place. Les adoptions ont donc repris avec de fortes exigences sanitaires. 

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