Les Français l’ont constaté depuis maintenant plusieurs jours, les prix s’envolent dans les supermarchés. Mais les articles de première nécessité ne sont pas les seuls soumis à la hausse des prix, c’est aussi le cas des importations. Face à cette augmentation, les solidarités s’organisent pour venir en aide aux plus démunis.

Alors qu’elle fait ses courses au rayon fruits et légumes, une retraitée parisienne hausse le ton face aux prix qui sont affichés. Elle interpelle alors le chef de rayon qui lui répond : « Madame, ce n’est pas moi qui fixe les prix ici, je n’y suis pour rien ! » Cette augmentation s’explique en effet par différents facteurs économiques. 

D’abord, la plupart des consommateurs souhaitent consommer des produits alimentaires français. La demande explose donc à un moment où l’offre est particulièrement basse, puisque les saisonniers manquent pour effectuer les récoltes. Ensuite, en temps normal, les produits français sont toujours plus chers que les produits espagnols : une barquette de fraises françaises coûte en moyenne 74% plus cher qu’une barquette de fraises espagnoles.

Mais plus généralement, c’est le prix moyen de nos importations qui augmente à cause de la fermeture des frontières et des politiques protectionnistes. Ainsi, le prix moyen d’un masque FFP2 importé de Chine est passé d’environ 4 centimes avant la pandémie à près de 60 centimes aujourd’hui.

La hausse générale des prix entraîne inévitablement une hausse de l’inflation, c’est-à-dire une dévaluation de la monnaie. L’euro va tout simplement perdre de sa valeur, ce qui, encore une fois, aura d’importantes conséquences. Dans une période où les États vont devoir se surendetter auprès des banques centrales, la hausse du taux d’inflation permettra de réduire les dettes publiques. L’Euro étant dévalué, c’est toute la dette souveraine des états qui perd de sa valeur en augmentant parallèlement la valeur du PIB.

Mais l’inflation est difficile à faire redescendre. La France en a connu les frais dans les années 1980 quand le taux d’inflation était à plus de 13% par an. François Écalle, expert de l’institut Montaigne déclare : « Malgré ces risques à long terme, une inflation plus forte sera peut-être la bienvenue dans les prochaines années pour réduire les dettes publiques, parce que nous n’aurons pas trouvé d’autre solution. »

Masque en tissus. Crédit : Calvin Ropers

L’organisation des solidarités 

Face aux pénuries de masques et à l’impossibilité pour les plus démunis de se déplacer pour faire leurs courses, des mouvements solidaires s’organisent partout en France. C’est le cas de Michel Desforges, détaché par AXA auprès de la Croix-Rouge mais aussi bénévole, qui organise avec l’un de ses collègues des tournées de collectes dans les supermarchés pour ensuite livrer des médicaments et de la nourriture aux plus vulnérables : « On livre dans le secteur de Mâcon aux personnes en difficulté, on reçoit une liste et ensuite on livre ce dont les gens ont besoin. Ce matin par exemple on a rempli le camion avec 84 packs de bouteilles d’eau à livrer. », explique-t-il. 

« On respecte toutes les normes d’hygiène, mais le problème bien sûr, ce sont les masques. Nous n’arrivons pas à nous fournir depuis le début du confinement. » Un problème partagé par tous ceux qui se retrouvent sur le terrain pour proposer leur aide. L’association dispose aussi d’un local à Mâcon, qui abrite de nombreuses denrées alimentaires en cas d’urgence. Ce local est réservé aux Mâconnais puisqu’il est subventionné par leurs impôts. À terme, l’objectif est de pouvoir abriter les personnes à la rue grâce à la création d’un Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) : « on attend que la préfecture nous accorde un espace, mais pour le moment nous préparons les réserves et les duvets. »

Pour pallier au manque généralisé de masques, les autorités municipales peuvent parfois intervenir. À l’image de Bernard Rouède, maire de Nestier dans les Hautes-Pyrénées, qui a proposé à quelques habitants du village de fabriquer des masques en tissu. Les habitants de Nestier se sont ensuite passés le mot et aujourd’hui leur contribution permet de soutenir les aides-soignants en fournissant, entre autres, les résidents des EHPAD aux environs. 

Régine Rouède, la soeur du maire, travaille dans l’EHPAD de Montrejeau et elle déclare : « Au départ nous n’avions pas beaucoup de masques, mais aujourd’hui nous avons des stocks suffisants grâce à l’État. On en utilise deux par jours par personne et nous sommes vingts employés en tout. Donc il faut beaucoup de masques ! » Oui, près de 280 masques par semaine pour alimenter l’EHPAD et permettre aux personnels comme aux résidents d’êtres protégés. Heureusement, aucun cas n’a été déclaré dans l’établissement pour le moment.

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Diplômé de l'École Normale Supérieure en philosophie contemporaine, cherche à comprendre pour mieux informer.

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