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Face à la pénurie, le gouvernement soutient que le port du masque n’est pas nécessaire à tout le monde, qu’il doit être réservé au personnel soignant et aux malades. Mais face à la polémique, il adapte également son discours tout en multipliant les opérations pour renflouer les stocks.

« Maintenant qu’on a commandé deux milliards de masques, changement de braquet, il faudrait tous en porter », accuse ce matin Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, sur Sud Radio. Alors que depuis le début de l’épidémie, le gouvernement répète qu’il est inutile d’en porter et qu’il est préférable de réserver les masques aux soignants, ces derniers jours, le gouvernement corrige son discours. Des incitations qui font suite aux recommandations de l’Académie de médecine. Cette dernière affirme que « le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur. » Selon elle, le port d’un masque « alternatif » devrait être rendu obligatoire pendant, et après la période de confinement.

Une manque de transparence face à la pénurie

Pourtant, le mois dernier, l’exécutif était catégorique sur le port du masque : « l‘usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile », déclarait Olivier Véran ministre de la Santé. D’après le député Eric Ciotti, le gouvernement a menti à propos des masques. « Pourquoi n’y a-t-il pas de port de masque dans notre pays? Parce que nous n’avons pas les masques », a-t-il déclaré ce matin sur Europe 1. En effet, pour pallier la pénurie, l’exécutif aurait préféré adopter un discours rassurant pour inciter la population à laisser son masque au personnel soignant.

Malgré cela, le manque d’équipement a été manifeste. Sylvie, infirmière libérale en Charente-Maritime explique avoir « gardé des masques de la grippe H1N1  Un artisan m’a donné une boîte de masques périmés et une association m’a trouvé une boîte de 50 masques (…) quant aux masques FFP2, l’Etat doit nous en fournir cette semaine normalement. » En attendant, ces dernières semaines, « c’était de la débrouille et du système D », explique-t-elle.

Un communiqué informait d’ailleurs les infirmiers et médecins de Nouvelle-Aquitaine qu’« au vue du nombre réduit de cas recensés (…) le port du masque ne doit pas être systématique pour tous les soins. » Rappelant que l’application stricte des gestes barrières reste la mesure la plus efficace pour freiner le virus. Des propos jugés inadmissibles par Sylvie, estimant que « le gouvernement n’a pas fait ce qu’il fallait pour protéger ses soignants. »

La France vise l’autosuffisance

Face à la polémique gonflante, le gouvernement fait marche arrière et annonce la fabrication de masques « alternatifs » afin d’équiper tous ceux qui continuent à travailler, voire même, toute la population. Près de 480 000 masques non sanitaires sont ainsi produits chaque jour. Ces masques n’ont toutefois pas pour but de remplacer les masques chirurgicaux ou les masques de protection jetables de  type FFP2, destinés normalement aux professionnels de santé. 

C’est pourquoi, le président Emmanuel Macron s’est rendu le 31 mars dernier dans une usine de masques chirurgicaux, près d’Angers. Selon l’Elysée, le président souhaite « montrer la mobilisation exceptionnelle de notre industrie pour faire face aux besoins liés à la crise du Covid-19. » Désormais, l’usine tourne 24 heures sur 24 pour accroître sa production et a recruté 35 CDD. Elle produit ainsi près de 2 millions de masques FFP2 par semaine et 3 millions de masques chirurgicaux. De l’élastique au tissu, tout est fabriqué en France car l’objectif du président serait que la France atteigne « une indépendance pleine et entière d’ici la fin de l’année. »La hausse de la production dans les entreprises françaises de masques va permettre d’atteindre une production nationale de 40 millions de masques courant avril. Toutefois, selon l’Elysée, le personnel soignant a besoin de 40 millions de masques … par semaine. Pour pallier à ce problème, la France a déjà commandé un milliard de masques, progressivement livrés depuis la Chine via un pont aérien. Bien que le gouvernement assure tout faire pour sécuriser les livraisons, plusieurs dénoncent le rachat de masques commandés en Chine par la France. Une « chasse au trésor » mondiale et sans pitié selon la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse.

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